Chloé le Mouël au Nunavik


Témoignage

Ullaakkut ! Bonjour !

Depuis novembre 2016, je suis doctorante à l’INSA Strasbourg. Je travaille sur l’espace domestique inuit[1] au Nunavik, sujet au croisement de l’architecture et de l’anthropologie.

Depuis leur rapide sédentarisation, qui a eu lieu à la moitié du 20e siècle, les Inuit ont abandonné leur mode de vie nomade, les iglous de neige hivernaux et les tentes de peau estivales. Désormais, ils vivent dans des pavillons euro-canadiens en bois, des logements sociaux construits et entretenus par le gouvernement qui en est propriétaire. Mon travail s’attache à comprendre comment les Inuit s’approprient leurs logements conçus pour un mode d’habiter qui n’est pas le leur.

Dans le cadre de cette recherche, je me suis rendue une première fois au Nunavik en mars 2017 : à Inukjuak, à Kuujjuaq et, en raison des aléas de la météo, à Kuujjuarapik. A Inukjuak, j’ai accompagné un groupe de chercheurs et d’étudiants en architecture de l’Université Laval de Québec lors de rencontres avec les Inuit pour échanger autour de questions d’architecture et d’urbanisme : avec les anciens, avec les élus, avec les habitants. Cela a été aussi l’occasion de rencontres personnelles avec des Inuit qui m’ont chaleureusement ouvert les portes de chez eux. J’ai ainsi rencontré des personnes très accueillantes, avec un grand sens de l’humour et qui m’ont parlé de leur quotidien rythmé par le travail, l’école, la chasse et la pêche sur la banquise, ou encore les matchs de hockey. Le manque de logements et donc le surpeuplement de leurs maisons est une réalité quotidienne et donc un réel enjeu pour eux.

Ce voyage a été l’occasion de rencontrer le Nunavik et ses habitants. Maintenant je suis en train d’organiser mon prochain voyage au nord du 55e parallèle : un terrain de recherche sur le temps long qui sera l’occasion de partager le quotidiens de familles inuit pour comprendre ce que signifie pour elles habiter dans ces pavillons aujourd’hui . »

Chloé Le Mouël, doctorante sur « L’espace domestique inuit au Nunavik », sous la direction de Florence Rudolf.

[1] Un Inuk, des Inuit : la forme plurielle ne prend pas de « s », ni en français, ni en anglais. L’adjectif, «inuit», est invariable (Collignon, 2010 : 64). Le terme « esquimaux » est tombé en désuétude

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