Gabriel Scerri, lauréat du prix Camelot 2012 de l’académie d’architecture


Gabriel Scerri, architecte diplômé en octobre 2011, lauréat du prix Camelot 2012 avec un projet de stade au cœur de Manhattan, à New York : Yardsmania, New York.  

Son projet de fin d’études, finalisé en “charrette”, c’est-à-dire avec la complicité d’étudiants d’A2, d’A3, d’A4, et avec l’aide d’une étudiante de l’École nationale supérieure d’architecture de Strasbourg, a été salué par le jury avec une note de 19/20. 

 

Une équipe soudée autour d’un projet mûrement réfléchi 

5,5m x 1,25 m. Maquette impressionnante, de taille inhabituelle. Yardsmania, New York est un projet d’envergure qui a surtout et d’abord fait l’objet d’une étude approfondie de la ville et d’une réflexion sur la faisabilité économique et technique. Un résultat rendu également possible lors de la finalisation en charrette, avec une équipe motivée : Chloé Francou de A3, Séverine et Alice de A2 pour la réalisation de la maquette, Romain Alarcon de A5 et Gabriel Pointerau de A4 pour le passage de la maquette à la 3D, Anne de l’Ensas pour les paysages, les textures, le tout chapeauté par le professeur référent du projet, Alexis Meier. La réussite du projet tient aussi à l’équipement de l’Insa de Strasbourg : le recours à la découpeuse laser numérique a été très utile pour travailler vite et bien. Sans cet équipement, certains pans de la maquette (cf. photo ci-contre) n’auraient pu être réalisés, trop délicats à faire à la main. 

 

Le fruit d’une réflexion de longue haleine 

Le projet de Gabriel repose sur l’utilisation des espaces souterrains. Une thématique qu’il connaît puisqu’il a déjà travaillé sur le sujet par le passé, dans le cadre de son mémoire en A4. Cet urbanisme, peu courant en France, l’est en revanche énormément au Canada. Gabriel l’a constaté lors de son voyage en tant qu’étudiant d’échange à Laval au Québec : l’espace souterrain est maximisé, des centres commerciaux, un maillage autoroutier et ferroviaire soutiennent une activité économique dense. Séduit par cette architecture, il décide de revenir au Canada quelques temps plus tard pour y faire son stage, dans une agence d’architecture pendant trois mois. Gabriel consacre son mémoire à cette thématique. 

 

Repenser l’espace souterrain et les frontières  

L’idée de son projet de fin d’études naît peu à peu lors de son dernier stage, aux Etats-Unis, à New-York cette fois-ci. Il profite de ses pauses-déjeuner pour observer l’architecture locale. Son attention se focalise sur le site des Hudson Yards. Activité soutenue, population dense, cette partie de la ville possède une particularité : la ville est en constante représentation, notamment avec Broadway. L’esprit de fête est très important là-bas. De nombreuses projets architecturaux ont été proposés mais aucun n’a abouti. Gabriel est surpris de constater que tous ces projets proposent des infrastructures en surface : aucun n’utilise l’espace souterrain. Gabriel étudie l’histoire de la ville, se documente longuement sur les projets avortés. Il est aussi marqué par la question de l’olympisme, thématique très forte là-bas. 

 

L’urbanisme profond : l’exemple du stade, point central du projet 

Gabriel tient son sujet : repenser l’espace souterrain et les frontières maritimes, ferroviaires. Son projet s’articule autour de “l’urbanisme profond” avec l’exemple du stade, point central de son projet. L’enjeu de ce stade est multiple : proposer aux New-Yorkais un espace de détente, de fête, d’exhibition, de convivialité. Gabriel utilise les sous-sols du site pour abaisser son stade en dessous du niveau du fleuve Hudson. Il fait entrer la lumière par toutes les entrées du stade, grâce à des puits. Le but est aussi de ne pas obstruer le champ de vision et d’avoir une perspective de la ville d’Est en Ouest. L’infrastructure des transports est elle aussi en partie souterraine, elle aussi illuminée par des puits de lumière. Pour assurer la viabilité économique de son projet, Gabriel dissémine entre la gare et le stade de nombreux centres commerciaux, des cinémas. 

 

Le respect de l’identité de la ville 

A travers ce projet, Gabriel vient interroger le développement de Manhattan et tente de conserver son identité : ville de lumière, de strass, construite sur de multiples réseaux de transports. Voilà l’intérêt et la difficulté du projet : restituer l’esprit de Manathann tout en repensant son urbanisme et en assurant une faisabilité économique et technique du projet. L’excellente note décernée par le jury indique que le pari a été remporté. 

Questions à Gabriel Scerri 

Pourquoi l’architecture et l’Insa de Strasbourg? 

Petit, Gabriel a toujours été attiré par l’architecture. Le travail avec les formes, l’espace, le questionnement sur les usages des bâtiments l’ont toujours intrigué. Il apprécie la mobilité géographique dont peut disposer un architecte dans son travail : il peut travailler n’importe où, quelque soit la langue utilisée. Ce que Gabriel aime dans le métier d’architecte, c’est le dépassement de soi dans un projet, les périodes de stress lors de rendus, la part d’incertitude lorsque l’on présente un projet. L’alternance entre des périodes de réflexion, de conception et des périodes plus soutenues le travail d’architecte dynamique peu monotone le travail d’un architecte, selon Gabriel. 

 

Architecte et / ou ingénieur : son cœur balance 

Intéressé par le double cursus ingénieur-architecte proposé à l’école, il décide d’intégrer l’Insa de Starsbourg pour la proximité entre les ingénieurs et les architectes. Il aime l’architecture mais ne souhaite pas suivre une formation qui ne proposerait que du design, de l’art. Il trouve que la France, contrairement aux pays anglo-saxons, met un fossé entre les architectes et les ingénieurs. Les écoles d’architectures allemandes, au contraires, associent les architectes et ingénieurs dans leur projet et proposent une formation complémentaire. C’est ce qui a plu à Gabriel Scerri lorsqu’il a intégré l’Insa de Strasbourg : la proximité entre les ingénieurs et les architectes. Hésitant entre les deux cursus, il entre en sth1 et se donne un an de réflexion. Finalement, il choisira l’architecture et ne le regrettera pas. Il a d’ailleurs de très bons souvenirs de cours de théorie de l’architecture de Pierre Donnadieu ou de Bernard Zimmermann sur les matériaux et leur mise en oeuvre (MMO). Deux professeurs passionnés et très investis dans l’école selon Gabriel. Ils ont beaucoup compté dans sa formation. Gabriel choisit donc l’architecture mais intégrera toujours l’ingénierie dans sa réflexion en prenant en compte les contraintes techniques d’un projet. Car un beau projet mais techniquement irréalisable ne vaut pas grand-chose. 

Cohérence et respect du projet initial : les bases de l’architecture 

Pour lui, le plus important dans le travail d’architecte est la cohérence entre le projet final et le projet de départ. L’architecture doit appréhender un bâtiment, un espace en fonction de sa finalité et des usages définis pour cet espace. La réussite d’un projet architectural tient donc à la réalisation d’un espace, d’un bâtiment tel qu’il a été défini au départ, en intégrant les contraintes techniques, financières ou législatives, sans que ces dernières ne détournent le projet de son objectif premier. 

C’est ce qu’à tenté de faire Gabriel dans son projet Yardsmania, New York. Utiliser la profondeur, exploiter l’espace souterrain pour implanter un stade, lieu convivial et festif par excellence, au cœur d’une cité immense. Tout en prenant en considération la contrainte architecturale de Manhattan, sa principale caractéristique : la densité et la complexité des réseaux ferroviaires et aériens. Un bel exemple d’intégration de contraintes au service du projet initial et de son usage. 

 

O.M. 

 

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