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Workshop architecture au Bénin : pour un tourisme durable


Par Louis Piccon

20 mars 2016

Dans la lignée du projet Cap-Vert en 2013, les étudiants en 5e année du département Architecture de l’INSA et leurs enseignants conçoivent un projet architectural d’éco-tourisme durable au Bénin. Après 4 mois d’études, ils passent deux semaines sur place pour y construire un prototype avec la population locale, du 20 mars au 3 avril 2016.

Depuis la rentrée 2015, les 50 élèves en 5e année d’architecture ont en charge la conception de deux projets dans le Sud du Bénin : le premier comprend un centre d’interprétation de la biodiversité et un écolodge, au bord du lac Nokoué, le deuxième est un centre d’accueil et de formation au maraîchage pour les jeunes ainsi qu’un écolodge, au bord du lac Ahémé. La Maison du Bénin et Tourisme Sans Frontières ont souhaité confier cette réflexion à l’INSA de Strasbourg.

« Développer un modèle vertueux »

L’ambition est autant sociale, qu’écologique et économique, en un mot durable. Il s’agit de sensibiliser la population à la richesse et la préservation de l’écosystème, de former les jeunes au maraîchage pour lutter contre l’exode rural, et de proposer un projet architectural intégré, économe, autonome, écologique avec la valorisation des ressources et des savoir-faire locaux. « Développer un modèle vertueux » résume Julien Rouby, enseignant en architecture.

Pour ce faire, les étudiants ont d’abord proposé des esquisses individuelles, en partant de leur analyse du contexte (social, écologique, économique, géographique, etc.), pour un projet le plus pertinent possible. Ils se sont ensuite répartis en groupes pour développer les 9 propositions sélectionnées à l’échelle du détail et réaliser une maquette. Enfin, les 4 projets d’écolodge jugés les plus pertinents, choisis avec les partenaires africains, ont été affinés et approfondis.

Pneus, wax, briques, bois…

Le premier projet est en bois, les ouvertures sont en bâches recyclés et wax, le célèbre tissu africain. Les murs du deuxième projet sont édifiés avec des pneus usagés, remplis d’un mélange de pierres et de terre, sur une charpente en bambous et sous un toit de chaume, inspiré de l’architecture vernaculaire. Le troisième projet est une réinterprétation de l’habitat lacustre local. Le dernier est en bois et briques de terre crue compactée, une cheminée crée un tirage d’air pour ventiler et rafraîchir naturellement l’écolodge.

Prototype construit sur place

Au final, un prototype d’environ 50 m2, basé sur le premier projet avec l’intégration d’idées des trois autres, va être construit sur place au Bénin, entre le 20 mars et le 3 avril. 18 étudiants et 5 enseignants sont du voyage. Ils bénéficieront de l’appui de bénévoles et d’artisans béninois. Un challenge pour l’équipe, mais aussi une formidable expérience en immersion sur l’acte de construire pour les étudiants. « Il est primordial qu’ils se confrontent à la matière, à la réalité, c’est extrêmement stimulant pour eux. Nous espérons développer ce type d’initiatives car c’est un apport indéniable pour les étudiants en dernière année » estime l’enseignant. Une exposition sera programmée à leur retour.

Aventure à suivre dans les prochains épisodes…

Cet article a été écrit par Stéphanie Robert

 

Pour mémoire, lire l’article paru dans Le Courrier de l’architecte sur le projet Cap-Vert : http://www.lecourrierdelarchitecte.com/article_4746