Double cursus

À propos des « hétérotopies climatiques » : édition 2023 – 2024


Par Lazaros Mavromatidis

20 octobre 2023

L'atelier de conception architecturale "Hétérotopies Climatiques" connaît cette année des évolutions significatives afin d'élargir son audience à une échelle internationale. La plateforme éducative e-CREHA sera inaugurée en novembre 2023 et ouvrira des nouvelles perspectives à un enseignement par projets hybrides qui envisagera d'enrichir l'apprentissage par projets traditionnels avec un kaléidoscope des connaissances transdisciplinaires fluide et ouvert, offert à nos étudiant.e.s architectes-ingénieur.e.s.

« Pour qu’un système fini puisse persister dans le temps, il doit évoluer de manière à offrir un accès facilité aux flux qui le traversent » – Adrian Bejan, la Loi Constructale

En considérant l’atelier « Hétérotopies Climatiques » comme un système thermodynamique fini, conformément à la loi constructale d’Adrian Bejan, pour qu’il continue à être efficace, il doit se réinventer et évoluer afin de faciliter la fluidité des connaissances et compétences transmises à nos étudiants. L’atelier de conception architecturale « Hétérotopies Climatiques » entame cette année une métamorphose majeure, une quête existentielle, en cherchant à élargir son horizon, à puiser dans la sagesse des disciplines transdisciplinaires, et à tisser ces connaissances dans la trame même de l’enseignement par projet en architecture. Néanmoins, notre dessein persiste : créer des édifices qui incarnent à la fois l’utopie et la réalité, qui jonglent entre le rêve et la réalité pragmatique. Nous cherchons à fusionner l’âme de l’architecture avec l’esprit de l’ingénierie, et ainsi donner naissance à des projets qui transcendent les frontières traditionnelles de notre discipline sur la base des programmations innovantes.

En cette quête, mon objectif premier est de repousser les limites de la créativité de nos étudiant.e.s. Nous essayerons d’explorer les méandres inexplorés de l’architecture expérimentale, ouverts aux perspectives qui se déploient au-delà des horizons traditionnels. Nous bâtissons ainsi le futur de notre discipline, en quête de sens et d’essence, à la recherche de la quintessence de l’art de bâtir.

Cependant, bien que la notion d’héritage conserve sa position centrale dans nos délibérations sur l’espace, son rôle s’est métamorphosé : il ne se réduit plus à une simple préservation du passé, mais devient un outil d’analyse prospectif pour appréhender le futur spatial. Cette transformation reflète notre engagement résolu envers une approche architecturale novatrice, fondée sur une vision dynamique et évolutive de l’héritage. Cette vision est au service de la création d’environnements bâtis, qui non seulement relèvent les défis actuels, mais qui anticipent également les besoins à venir. Ainsi la ré-invention de l’atelier se réalise concrètement à plusieurs niveaux.

1. RÉ-invention institutionnelle et internationalisation

Suite à l’intégration officielle du cours e-CREHA dans notre curriculum, à compter de la fin du mois de novembre, nos étudiants bénéficieront d’un accès privilégié à la plateforme d’apprentissage “e-CREHA : Éducation pour un Patrimoine Architectural Européen Résilient au Climat”. Cette plateforme vise à proposer un cours et une méthodologie d’apprentissage en ligne novateurs, reposant sur un modèle d’apprentissage hybride. Les sujets abordés se concentrent sur le développement de la résilience climatique pour le patrimoine bâti, à la fois existant et à venir, en explorant des aspects architecturaux.

Par conséquent, l’objectif de l’atelier “Hétérotopies Climatiques” consiste à élaborer une pédagogie hybride nourrie en permanence, visant à améliorer la pertinence, les qualités et l’impact du patrimoine dans le domaine de l’enseignement et/ou de la recherche en architecture. Cette initiative représente une avancée significative dans notre démarche éducative, en donnant à nos étudiant.e.s  des opportunités internationales via un réseau qui est en train de se créer autour le projet e-CREHA, tout en les familiarisant avec des enjeux cruciaux liés à la résilience climatique et au patrimoine architectural, qu’il soit déjà existant ou en devenir.

2. RÉ-invention fonctionnelle et systémique

La réinvention fonctionnelle et systémique de l’atelier « Hétérotopies Climatiques » constitue une évolution fondamentale et transcendantale dans la manière dont nous concevons et abordons l’enseignement de l’architecture. Cette réinvention dépasse la simple superficialité et plonge au cœur d’une remise en question profonde des paradigmes traditionnels de l’architecture et des méthodes d’enseignement dans ce domaine. Je souhaite réévaluer la fonction même de l’atelier en visant une transformation en un véritable laboratoire d’innovation, où la créativité, la durabilité et la résilience sont les piliers essentiels. Dans cette optique, une série de journées thématiques incluant des conférences-dialogues socratiques avec la participation des personnalités expert.e.s de renommée internationale sera organisée pour stimuler la capacité de nos étudiant.e.s à poser et à explorer des questions spatiales autrement.

Les systèmes et les structures pédagogiques comme une atelier de conception architectural peuvent devenir les fondements d’une réflexion critique à mesure que nous explorons des approches innovantes pour enseigner la conception d’espaces architecturaux en tirant parti des connaissances d’autres disciplines. Notre ambition ne se limite pas à répondre aux besoins humains, mais à intégrer harmonieusement les créations architecturales dans l’environnement naturel. Cette réinvention fonctionnelle et systémique vise de promouvoir une transition profonde et indispensable vers une architecture en meilleure adéquation avec notre monde en constante mutation.

En ce sens, au-delà des aspects techniques, cette réinvention transcende également la dimension philosophique de l’architecture. Elle nous incite à méditer sur les implications profondes de l’acte de création spatiale, véritable désir existentiel. En repensant l’atelier, je souhaite m’engager dans un voyage intellectuel où l’architecture n’est plus simplement une discipline isolée, mais un élément interconnecté de l’écosystème plus vaste du monde contemporain. Cette transformation fonctionnelle et systémique de l’atelier « Hétérotopies Climatiques » incarne une démarche audacieuse et nécessaire pour repousser les limites de la créativité architecturale et pour façonner un monde bâti plus équilibré, résilient et durable.

3. RÉ-invention ontologique 

Se référant à l’approche phénoménologique de Heidegger, cette réinvention repose sur la déconstruction des éléments verbaux traditionnels qui définissent les éléments spatiaux du projet, éléments qui souvent conduisent à la répétition de schémas-configurations architecturaux préétablis dès l’annonce dudit programme, un phénomène fréquemment observé dans les exercices pédagogiques en atelier.

Ainsi, à partir de cette année, dans le but de stimuler l’imaginaire radical instituant de nos étudiant.e.s, tel que défini par le philosophe Cornelius Castoriadis, j’ai choisi d’adopter une approche verbale différente lors de la présentation du sujet. En utilisant comme référence six “hétérotopies” classiques issues des écrits de Michel Foucault, mon objectif est de guider les étudiant.e.s vers une réinvention à la fois formelle et programmatique. Cela passera par une déconstruction des notions spatiales suivantes définies et étudiées par Michel Foucault comme archétypes des hétérotopies: i) la prison, ii) l’hôpital, iii) le musée, iv) la cabane, v) le lieu de travail, vi) la maison de retraite. Chaque sujet est présenté aux étudiant.e.s sous forme de scénario, les plongeant ainsi dans un processus de négociation spatiale qui oscille entre réalité et poésie.

Cette approche novatrice au sein de l’atelier, qui puise ses racines dans la philosophie phénoménologique de Heidegger et la théorie des espaces hétérotopiques de Foucault, vise à enrichir notre pédagogie en intégrant en phase amont conceptuelle une réflexion philosophique sur l’architecture. Cette année, nos étudiant.e.s se verront confier six sujets distincts, répartis dans six localisations différentes, en Europe et aux États-Unis. Par conséquent, ils/elles seront amené.e.s à travailler sur six types climatiques variés.  Ainsi, de façon concrète on les encourage également à effectuer une exploration approfondie des liens complexes entre l’architecture, l’espace, la poésie et le climat.

A) Scénario No 1: Un Sanctuaire des Deuxièmes Chances / Localisation : San Francisco, USA

Dans la compréhension conventionnelle, une prison incarne un univers austère et impitoyable où les individus condamnés pour des crimes sont enfermés, privés de diverses libertés et soumis à une punition sanctionnée par l’État. Cependant, est-ce là tout ce qu’une prison peut être ? Pourrait-elle jouer un rôle plus profond au-delà des mesures punitives ? Ces questions nous poussent à réévaluer le modèle traditionnel spatial de la prison et ses implications plus larges.

a) La récidive, ce phénomène troublant d’individus retournant à des activités criminelles après leur libération, appelle à une profonde introspection. Pourquoi ces individus, malgré leur période d’incarcération, renouent-ils avec leurs anciens schémas de comportement lors de leur réintégration dans la société ? Cette question cruciale révèle un malaise profond dans notre compréhension de la réadaptation et de la réinsertion.

Dans la perspective heideggérienne, en tant qu’architectes, nous devons scruter l’essence spatiale de cette récidive. Les prisons, souvent conçues comme des modules uniformes visant à isoler et punir, semblent négliger la dimension authentique de l’être humain derrière les actes criminels. Cette approche spatiale, basée sur l’exclusion et l’uniformisation de l’espace, ne parvient-elle pas à prendre en compte les questions essentielles liées à la réadaptation ? En perpétuant cette approche, l’architecture elle-même ne contribue-t-elle pas à maintenir ce cercle vicieux, au lieu de favoriser une approche spatiale réparatrice ?

Nous sommes confrontés à un défi majeur sur le plan architectural et spatial. Il est impératif de réinventer les environnements carcéraux actuels afin qu’ils reflètent de manière plus précise la complexité de l’existence humaine et qu’ils offrent des conditions propices à la réhabilitation. Peut-être est-il temps d’adopter une perspective qui considère la récidive sous l’angle de l’authenticité et de la résolution des causes profondes, en s’appuyant sur un processus de purification spatiale.

Au lieu de se limiter à l’acte de punir, il serait judicieux de reconnaître, à travers des espaces conçus pour la purification, la dimension existentielle de ces individus. Notre architecture doit les accompagner dans leur parcours pour affronter leur propre être, et contribuer à créer des environnements de réhabilitation qui encouragent la transformation plutôt que de perpétuer la répétition. 

b) La surpopulation, les conditions de vie médiocres et le manque d’opportunités de réadaptation ont tous contribué à des taux de récidive alarmants. Pourtant, ces facteurs sont-ils les seuls coupables ? Les prisons ont un impact non seulement sur la vie des détenus, mais elles ont aussi un impact significatif sur les victimes, les agents dévoués qui travaillent inlassablement à l’intérieur de leurs murs, et la société dans son ensemble. 

Cet exercice académique a été élaboré pour stimuler la réflexion et l’innovation. Il nous pousse à considérer la véritable essence spatiale d’une prison et son profond impact sur les individus et la société. En tant que support pédagogique, la tâche consiste à concevoir une prison de sécurité moyenne, pouvant accueillir jusqu’à 80 détenus. Le concept global doit aborder non seulement les complexités de la récidive, mais aussi la qualité de vie à l’intérieur de la prison, la ritualisation de l’espace, et ses implications plus larges pour la société. De manière intrigante, cette mission nous invite à explorer le pouvoir transformateur de l’architecture, reconnaissant que l’environnement construit influence profondément le comportement humain. 

Les étudiants ont la possibilité de sélectionner le site de leur choix au sein du territoire de San Francisco, une décision cruciale qui leur confère une grande liberté dans la ville désignée. Ce choix revêt une importance fondamentale, car l’emplacement choisi influe naturellement sur le récit architectural. Il soulève des questions essentielles, telles que la densité urbaine, l’isolement en périphérie ou l’éloignement total, chacune de ces options ayant un impact unique sur les dynamiques architecturales et sociologiques.

En conclusion, cette exercise académique nous pousse à ré-envisager le rôle des prisons dans la société, et l’urbanité dans un contexte de changement climatique, ainsi qu’à redéfinir le but et le potentiel de l’incarcération par le biais de l’intervention architecturale. Elle nous met au défi de dépasser le modèle punitif traditionnel et de concevoir des institutions qui privilégient la réadaptation, la réintégration sociale et la réduction de la récidive. Cette mission est enfin un appel à explorer le potentiel transformateur de l’architecture pour remodeler le but et l’impact de l’incarcération, favorisant une société plus juste et réhabilitante.

B) Scénario n° 2 : Alchimie architecturale et encouragement spatial du bien-être holistique / Localisation : Alberobello, Italie

Le domaine de l’architecture, tout en étant traditionnellement célébré pour son rôle dans la création de lieux de refuge et de protection, ne peut échapper à l’analyse de son implication dans la perpétuation de préjugés profondément enracinés concernant la maladie, tout en promouvant une vision extractive du monde par rapport à la nature. Trop souvent, l’environnement bâti classique, de manière involontaire, aggrave les inégalités et renforce une attitude dominatrice envers la nature et la perception de la maladie.

Cependant, au cœur de cette énigme réside une question profonde, une question qui saisit l’essence même de cette mission : et si l’architecture réorientait ses fondements vers une éthique plus holistique, avec pour objectif la guérison du corps et de l’âme ? Et si elle transcendait sa fonction première de simple logement corporel pour se consacrer au bien-être collectif de la société et à la santé écologique de notre planète ?

Cet exercice académique nous convie à explorer, à questionner, puis à réinventer les systèmes fondamentaux, les infrastructures et les services qui sous-tendent l’existence humaine contemporaine, en les transformant en un sujet spatial de guérison. Au cœur de cette mission, nous sommes appelés à examiner l’acte même de la construction et sa relation complexe avec l’écosystème auquel nous appartenons de manière intrinsèque, dans le but de favoriser la guérison du corps et de l’âme.

Malheureusement, il est indéniable que l’architecture, de diverses manières, a été utilisée comme un outil puissant pour perpétuer une continuité d’exploitation, d’extraction de valeur, de création de plus-value et de discrimination au sein de différentes strates de la société, en particulier en ce qui concerne la notion de la maladie. Face aux graves conséquences de notre négligence historique, nous sommes confrontés à une question fondamentale : comment pouvons-nous initier une réflexion profonde par le biais de la conception spatiale et de la créativité architecturale ? Comment pouvons-nous amorcer un changement de paradigme si nécessaire, en intégrant la nature inextricable de cet impératif essentiel de guérison dans une proposition spatiale ?

La toile sur laquelle seront peintes nos visions architecturales est la ville d’Alberobello, dans le sud de l’Italie, où les étudiants jouissent de la liberté de choisir n’importe quel site. Cependant, cette liberté s’accompagne d’une responsabilité profonde et implicite. La sélection du site nécessite une réflexion rigoureuse, tenant compte d’une multitude de considérations, notamment l’accessibilité, l’accès aux services, et les éventuelles répercussions sur le tissu urbain environnant. Il est impératif que le site choisi s’intègre harmonieusement dans le contexte urbain plus large, tout en contribuant à sa vitalité et à sa cohésion.

L’urgence du changement est mise en évidence par la prise de conscience frappante de la perturbation écologique et sociale que nous avons déclenchée en raison de pratiques insouciantes liées à l’acte de guérison. Cette mission exige un départ radical par rapport aux approches conventionnelles. Elle nous incite à créer une plateforme pour un changement systémique, qui non seulement reconnaît le réseau complexe de relations au sein de l’environnement bâti lié à la notion de la maladie, mais qui respecte également son profond lien avec le monde naturel plus vaste grâce à l’acte de guérison.

En conclusion, cette démarche académique plonge au cœur de l’évolution architecturale, nous enjoignant de transcender les limites de la convention. Elle nous invite à réfléchir sur la manière dont l’architecture, en tant que pionnière du bien-être social et environnemental, peut redéfinir sa mission en produisant un sujet architectural. Elle nous met au défi d’envisager un environnement bâti qui coexiste harmonieusement avec la nature, réparant les déséquilibres passés et agissant comme un phare de transformation holistique pour ses utilisateurs, en traitant leur corps et leur âme. Cette mission appelle à rien de moins qu’une profonde réévaluation de notre éthique collective envers l’architecture, ravivant la promesse d’une coexistence harmonieuse avec la société et la planète à travers des espaces de guérison perpétuelle.

C) Scénario n° 3 : Expressions spatiales sonores à travers des émotions / Localisation : Nicosie, Chypre

Ce sujet explore la capacité profonde de l’architecture à agir comme un instrument de transformation, capable d’évoquer des émotions profondes et de moduler l’environnement sonore dans divers contextes, qu’il s’agisse de concerts, de musique expérimentale ou au-delà. L’enjeu principal de ce défi réside dans la création d’un “musée” singulier, composé de trois salles d’exposition distinctes, chacune étant soigneusement conçue pour susciter et manipuler les émotions de ses visiteurs.

La première salle d’exposition est conçue dans le but explicite d’évoquer des émotions négatives, tandis que la deuxième salle vise à susciter des émotions positives grâce à une utilisation experte du son. La troisième salle est un espace neutre conçu pour recalibrer de manière impartiale les émotions ressenties dans les deux salles précédentes. Les étudiants ont la liberté de choisir la toile sur laquelle ces visions architecturales seront dessinées, y compris la possibilité de sélectionner n’importe quel site dans la ville de Nicosie. Cependant, cette liberté s’accompagne d’une responsabilité profonde et implicite. Le choix de l’emplacement doit faire l’objet d’une réflexion approfondie, en tenant compte d’une gamme de considérations, notamment l’accessibilité, l’accès aux commodités et les éventuelles répercussions sur le tissu urbain environnant. Il est impératif que le site choisi s’intègre harmonieusement dans le contexte urbain plus large tout en contribuant à sa vitalité et à sa cohésion.

De plus, la définition même des émotions “positives” et “négatives” est confiée à nos facultés interprétatives. Qu’il s’agisse de la peur, de la colère, de l’anxiété, de l’amour, du bonheur, ou d’une palette de sentiments, le défi s’étend à la conceptualisation d’espaces qui captent habilement et amplifient ces états émotionnels. Le récit architectural doit offrir un parcours immersif, stimulant et provocant les visiteurs tout en respectant les principes rigoureux du design, de l’esthétique, de la multisensorialité et de la fonctionnalité. En tant que futurs architectes, cette entreprise vise à pousser les étudiants à explorer l’interaction nuancée entre la forme, la fonction et l’émotion. Le projet devrait nous inviter à déchiffrer les subtilités des paysages sonores et des indices architecturaux qui peuvent les façonner et les influencer.

En essence, cette mission académique nous invite à transcender les limites des paradigmes architecturaux traditionnels, incitant les étudiants à explorer le potentiel profond de l’architecture en tant que médium pour l’orchestration des émotions à travers la symphonie harmonieuse du son et de l’espace. Dans la poursuite de ce voyage créatif et intellectuel, nous sommes appelés à imaginer et à créer des espaces qui non seulement remettent en question notre compréhension des émotions et de l’architecture, mais qui inspirent également une nouvelle narration, où l’architecture transcende le physique pour devenir un conduit d’exploration et d’expression émotionnelle.

D) Scénario n° 4 : La Poésie des Logements Abordables / Localisation : Volos Grèce

Ce sujet est un appel sincère à l’action, nous invitant à présenter des solutions inventives et soigneusement réfléchies pour résoudre la redoutable crise du logement qui plane sur les urbanités contemporaines. Au sein de ces géants urbains, le paysage est marqué par des loyers exorbitants, l’encroûtement de la gentrification, et la perspective de plus en plus évasive de logements abordables pour les ménages à faibles revenus. À la lumière de la crise mondiale croissante du logement abordable, juxtaposée à l’épuisement des ressources naturelles au milieu du contexte tumultueux des défis climatiques et économiques, cet exercice recherche des idées à la fois innovantes et reproductibles. Plus précisément, elle cherche à embrasser le concept de la petite habitation comme réponse à ces dilemmes multifacettes, prête à mieux servir notre monde en évolution rapide.

La mission académique consiste à encourager des réponses imaginatives et pragmatiques capables de répondre aux divers besoins en matière de logement dans une ville de taille moyenne ( < 300.000 habitants), englobant des familles, des professionnels célibataires et des couples. Le défi consiste à transcender les paradigmes conventionnels du logement, nous invitant à entreprendre un voyage d’innovation architecturale qui fusionne harmonieusement la flexibilité, l’abordabilité, la durabilité et un profond sens de la communauté. Dans le cadre de l’exercice académique, les étudiants ont la liberté de choisir un site dans la ville de Volos, mais cette liberté s’accompagne d’une profonde responsabilité. Le choix du site nécessite une réflexion méticuleuse, englobant des aspects tels que l’accessibilité, l’accès aux commodités et les répercussions potentielles sur le tissu urbain environnant. Le défi réside dans la formulation de conceptions dotées d’une adaptabilité innée, capable d’accueillir en douceur un kaléidoscope d’habitants et leurs divers besoins, y compris des populations nomades hypothétiques. La poursuite est soutenue par un engagement indéfectible envers l’abordabilité, solidement maintenu sans compromis sur la qualité ou la durabilité.

De manière complémentaire, cette mission lance un défi concurrentiel : la création de conceptions capables de fonctionner en autonomie, indépendamment des services publics d’eau et d’énergie officiels, une caractéristique essentielle pour la résilience face aux catastrophes naturelles. Le critère supplémentaire impose l’accueil de couples de jeunes professionnels hypothétiques avec deux enfants dans une contrainte spatiale ne dépassant pas 50 m² par niveau d’habitation. Cela nécessite de repenser l’organisation spatiale, exigeant l’incorporation de matériaux innovants, d’esthétiques avant-gardistes et de technologies low-cost émergentes.

Tout au long de ce défi académique, la durabilité émerge comme un thème dominant. Nos conceptions doivent porter la marque de la durabilité, intégrant méticuleusement des caractéristiques et des systèmes qui servent de pionniers de la protection de l’environnement, tout en minimisant simultanément les coûts à long terme. Ces solutions de logement devraient se nicher en douceur dans le tissu urbain existant, redéfinissant les paradigmes esthétiques et d’utilité spatiale. En essence, cette mission académique sert de “cri du cœur” pour inspirer et, finalement, remodeler l’avenir du logement. Elle remet en question les normes traditionnelles du logement, du design et de la communauté, nous catapultant dans un domaine où l’innovation prospère et la créativité ne connaît pas de limites.

E) Scénario n° 5 : Métamorphose du Travail sous une Perspective Poétique / Localisation : Saint Marie aux Mines, France

Cette mission est une invitation raffinée à entreprendre un voyage de réimagination de l’espace de travail, à l’aube d’une transformation profonde. La mission centrale de cette démarche académique est d’anticiper méticuleusement l’évolution dynamique d’une main-d’œuvre contemporaine qui a pleinement adopté l’éthique du travail à distance. Alors que nous naviguons dans cette mutation sismique des dynamiques de travail, cet exercice nous invite, en tant qu’architectes, à nous engager dans l’exercice créative de conceptualiser et d’articuler une vision pour un espace de travail qui transcende la convention. Cet espace de travail envisagé, conçu pour accueillir environ 150 employés exigeants, va au-delà de la simple utilité. Il sert de creuset intellectuel, un creuset où la collaboration, l’innovation et la productivité se fondent harmonieusement. Notre thèse centrale devrait postuler l’espace de travail comme un nexus catalytique, un creuset efficace pour la pensée transformative.

Au milieu de la profonde réflexion sur la conception, la vénérable sélection stratégique du site devient primordiale dans Saint-Marie aux Mines. Ce site choisi par les étudiants, doté d’attributs uniques et d’un potentiel latent, exige une réponse architecturale qui soit, par définition, holistique. La trame de la conception doit entrelacer des fils de flexibilité, d’adaptabilité, de durabilité, d’intégration numérique, de centrage sur l’humain, d’enrichissement socioculturel et de multifonctionnalité en un tout harmonieux. Dans la proposition, des solutions innovantes sont recherchées pour concilier la marée inexorable du travail à distance avec le besoin inexorable d’espaces physiques qui confèrent une identité partagée et une essence communautaire. Ce défi académique représente une confluence intellectuelle unique, où l’observation et l’intervention doivent se rejoindre. Il reflète la métamorphose précipitée spatiale par la révolution du travail à distance. Il nous implore d’agir en tant que pionniers des espaces de travail préparés pour l’avenir, exquisément réactifs au rythme changeant de l’environnement de travail. La ou les conception(s) doit/doivent transcender le banal, fusionnant harmonieusement le corporel avec le numérique tout en chérissant le bien-être des habitants (personnes, animaux, plantes) qui peuplent ces espaces sacrés.

En résumé, ce défi académique constitue une invitation sans précédent à contribuer aux annales du discours savant sur l’avenir des espaces de travail. Il nous invite à graver notre héritage intellectuel dans le récit de la conception des espaces de travail, forgeant des voies de rigueur intellectuelle et d’innovation. Le vrai défis est de dévoiler l’avenir des espaces de travail, un avenir où le métaphysique et le pragmatique coexistent harmonieusement.

F) Scénario n° 6 : De la Solitude à la Vie / Localisation :  Bâle, Suisse

La tâche qui se présente dans ce cas de figure est un défi profond et une opportunité d’avoir un impact transformateur sur notre société. En envisageant un projet de logement pour personnes âgées, il est essentiel de comprendre les problèmes complexes auxquels est confrontée notre population vieillissante. Avec le temps, les personnes âgées se retrouvent souvent à lutter contre une gamme de limitations physiques, qui peuvent limiter leur mobilité et leur niveau d’activité global. En même temps, leurs cercles sociaux ont tendance à se réduire, entraînant un manque d’interactions significatives. Ces facteurs cumulatifs peuvent avoir un effet préjudiciable sur leur bien-être physique et mental. La situation s’aggrave lorsque les personnes âgées vivent en isolement, coupées des réseaux et des services essentiels à leur santé et à leur bonheur.

Le projet proposé doit transcender les limites conventionnelles de la conception architecturale. Il s’efforce de créer des solutions de logement holistiques qui offrent non seulement des espaces de vie confortables, mais qui favorisent également activement un environnement où les résidents âgés peuvent s’épanouir, se connecter et contribuer.

Dans le processus de réalisation de cette vision, les étudiants ont la liberté de choisir un site ou un réseau des sites dans la ville de Bâle. Cette liberté n’est pas seulement un privilège architectural, mais aussi une responsabilité sociale. En choisissant de revitaliser des quartiers défavorisés, les étudiant.e.s devraient remettre en question les notions conventionnelles de développement urbain. Il est attendu que ces quartiers soient transformés en communautés dynamiques et interconnectées où les personnes âgées peuvent retrouver un nouveau sens de dessein et d’appartenance.

Cette mission dépasse la simple édification de structures physiques ; elle aspire à redéfinir l’essence même de nos communautés. La nature de cette entreprise architecturale nous incite à explorer des innovations fonctionnelles au sein de la conception architecturale. Nous sommes appelés à intégrer des établissements commerciaux adaptés aux besoins et aux aspirations des personnes âgées, des lieux d’expression de leurs passions et loisirs, ainsi que des centres de partage des connaissances favorisant l’échange de sagesse et d’expérience. Tous ces éléments doivent harmonieusement concourir à l’édification d’un profond sentiment de communauté et de connexion, enrichissant la vie de nos citoyens avancés en âge qui embrassent avec grâce leurs années de vie vécue.

En résumé, cette mission représente une opportunité de combler le fossé entre la créativité architecturale et la responsabilité sociale. Cette mission demande des conceptions qui n’accommodent pas seulement les personnes âgées, mais qui élèvent leur qualité de vie, transformant leurs dernières années en une période d’engagement dynamique et de liens durables avec leurs communautés.

 

Équipe pédagogique

Lazaros Mavromatidis : Coordinateur de l’atelier « Hétérotopies Climatiques », Architecte- Ingénieur, HDR, Maître de Conférences des Universités.

-Nicolas Serres :  Maître de Conférences des Universités, Spécialiste en Analyse de Cycle de Vie.

-Florence Rudolf : Professeure des Universités, Sociologue.

-Georgia- Christina Dreliosi : Doctorate, MSc, Architecte-Ingénieure.

_____________________________________________________________________________________________________________

(English version)

About « Climatic Heterotopias » : 2023 edition

 

« For a finite-size flow system to persist in time (to live) it must evolve such that it provides greater and greater access to the currents that flow through it« 

Adrian Bejan, the Constructal Law of thermodynamics

Considering the « Climatic Heterotopias » workshop as a finite thermodynamic system, in accordance with Adrian Bejan’s constructal law, for it to continue to be effective, it must reinvent itself and evolve to facilitate the fluidity of knowledge and skills conveyed to our students. The architectural design workshop « Climatic Heterotopias » is undergoing a significant transformation this year, an existential quest, as it seeks to broaden its horizons, draw from the wisdom of interdisciplinary fields, and weave this knowledge into the very fabric of project-based architectural education. Nevertheless, our fundamental purpose remains: to create structures that embody both utopia and reality, that juggle between dream and pragmatic reality. We aim to merge the soul of architecture with the spirit of engineering, thereby giving birth to projects that transcend the traditional boundaries of our discipline, based on innovative programming.

In this pursuit, my primary goal is to push the limits of our students’ creativity. We will endeavor to explore the uncharted territories of experimental architecture, remaining open to perspectives that extend beyond traditional horizons. Thus, we are constructing the future of our discipline, seeking meaning and essence, and searching for the quintessence of the art of building.

However, while the concept of heritage retains its central position in our deliberations on space, its role has transformed. It is no longer limited to the mere preservation of the past but has become a prospective analytical tool for understanding future spatial dynamics. This transformation reflects our resolute commitment to an innovative architectural approach, founded on a dynamic and evolving vision of heritage. This vision serves the creation of built environments that not only address current challenges but also anticipate future needs. Thus, the reinvention of the workshop is concretely realized at several levels.

1. INSTITUTIONAL REINVENTION AND INTERNATIONALIZATION

Following the official integration of the e-CREHA course into our curriculum, starting at the end of November, our students will benefit from privileged access to the « e-CREHA: education for Climate Resilient European Architectural Heritage » learning platform. This platform aims to offer innovative online learning and methodology based on a hybrid learning model. The topics covered focus on climate resilience for architectural heritage, both existing and forthcoming, exploring architectural aspects.

Therefore, the goal of the « Heterotopic Climates » « Climatic Heterotopias » workshop is to develop a continually nourished hybrid pedagogy aimed at improving the relevance, quality, and impact of heritage in the field of architectural education and/or research. This initiative represents a significant advancement in our educational approach, opening up international opportunities for our students through a network that is forming around the e-CREHA project, while familiarizing them with crucial issues related to climate resilience and architectural heritage, whether existing or prospective.

2. FUNCTIONAL AND SYSTEMIC REINVENTION

The functional and systemic reinvention of the « Climatic Heterotopias » workshop represents a fundamental and transcendent evolution in how we conceive and approach architectural education. This reinvention goes beyond mere superficiality and delves deep into questioning traditional architectural paradigms and teaching methods in this field. I aim to reevaluate the very function of the workshop, transforming it into a genuine innovation laboratory, where creativity, sustainability, and resilience are essential pillars. In this context, a series of thematic days, including Socratic-dialogue conferences involving internationally renowned expert personalities, will be organized to stimulate our students’ ability to pose and explore spatial questions differently.

Teaching systems and structures, such as an architectural design workshop, can become the foundations of critical reflection as we explore innovative approaches to teach the design of architectural spaces by drawing on the knowledge from other disciplines. Our ambition extends beyond addressing human needs, striving to harmoniously integrate architectural creations into the natural environment. This functional and systemic reinvention aims to promote a profound and necessary transition towards architecture that is more attuned to our ever-changing world.

In this sense, beyond the technical aspects, this reinvention transcends the philosophical dimension of architecture. It prompts us to contemplate the profound implications of the act of spatial creation, a true existential desire. By rethinking the workshop, I aim to engage in an intellectual journey where architecture is no longer merely an isolated discipline but an interconnected element of the broader ecosystem of the contemporary world. This functional and systemic transformation of the « Climatic Heterotopias » workshop unconsciously embodies a bold and necessary approach to pushing the boundaries of architectural creativity and shaping a built world that is more balanced, resilient, and sustainable.

3. ONTOLOGICAL REINVENTION

Referring to Heidegger’s phenomenological approach, this reinvention is based on the deconstruction of traditional verbal elements that define the spatial elements of a project. These elements often lead to the repetition of pre-established architectural patterns upon the announcement of a given program, a phenomenon frequently observed in pedagogical exercises in an architectural design studio.

Starting this year, with the aim of stimulating our students’ radical imaginary, as defined by philosopher Cornelius Castoriadis, I have chosen to adopt a different verbal approach when presenting the subject to my students. Using as a reference six classic « heterotopias » derived from the writings of Michel Foucault, my goal is to guide students towards a formal and programmatic reinvention. This will involve a deconstruction of the following spatial notions defined and studied by Michel Foucault as archetypes of heterotopias: i) the prison, ii) the hospital, iii) the museum, iv) the cabin, v) the workplace, vi) the retirement home. Each subject is presented to students in the form of a scenario, immersing them in a process of spatial negotiation that oscillates between reality and poetry.

This innovative approach within the workshop, drawing its roots from Heidegger’s phenomenological philosophy and Foucault’s theory of heterotopic spaces, aims to enrich our pedagogy by integrating philosophical reflection on architecture at the conceptual stage. This year, our students will be assigned six distinct topics, distributed across six different locations in Europe and the United States. Consequently, they will be required to work on six different climate types. Thus, in a tangible manner, they are also encouraged to conduct an in-depth exploration of the complex connections between architecture, space, poetry, and climate.

A) Scenario No 1: A Sanctuary of Second Chances / Location: San Francisco, USA

In conventional understanding, a prison embodies an austere and unforgiving environment where individuals convicted of crimes are incarcerated, deprived of various freedoms, and subjected to state-sanctioned punishment. However, is that all a prison can be? Could it play a deeper role beyond punitive measures? These questions prompt us to reevaluate the traditional spatial model of a prison and its broader implications.

a) Recidivism, the troubling phenomenon of individuals returning to criminal activities after their release, calls for deep introspection. Why do these individuals, despite their period of incarceration, revert to their previous behavioral patterns upon reintegrating into society? This crucial question reveals a deep-seated issue in our understanding of rehabilitation and reintegration.

From a Heideggerian perspective, as architects, we must scrutinize the spatial essence of this recidivism. Prisons, often designed as uniform modules aimed at isolation and punishment, appear to neglect the authentic dimension of the human being behind criminal acts. Does this spatial approach, based on exclusion and spatial uniformity, not fail to address essential questions related to rehabilitation? By perpetuating this approach, does architecture itself not contribute to maintaining this vicious circle, rather than fostering a reparative spatial approach?

We are faced with a major architectural and spatial challenge. It is imperative to reinvent current carceral environments to more accurately reflect the complexity of human existence and provide conditions conducive to rehabilitation. Perhaps it is time to adopt a perspective that views recidivism from the standpoint of authenticity and addressing root causes, relying on a process of spatial purification. Instead of being limited to the act of punishment, it would be prudent to recognize, through spaces designed for purification, the existential dimension of these individuals. Our architecture should accompany them in their journey to confront their own being and contribute to creating rehabilitation environments that encourage transformation rather than perpetuating repetition.

b) Overcrowding, poor living conditions, and a lack of rehabilitation opportunities have all contributed to alarming recidivism rates. Yet, are these factors the sole culprits? Prisons impact not only the lives of inmates but also have a significant effect on victims, dedicated individuals working tirelessly within their walls, and society as a whole.

This academic exercise has been designed to stimulate thinking and innovation. It compels us to consider the true spatial essence of a prison and its profound impact on individuals and society. As an educational tool, the task is to design a medium-security prison capable of accommodating up to 80 inmates. The overall concept must address not only the complexities of recidivism but also the quality of life within the prison, the ritualization of space, and its broader implications for society. Intriguingly, this mission invites us to explore the transformative power of architecture, recognizing that the built environment profoundly influences human behavior.

Students have the opportunity to select a site of their choice within the San Francisco territory, a crucial decision that grants them significant freedom within the designated city. This choice holds fundamental importance as the selected location naturally influences the architectural narrative. It raises essential questions, such as urban density, peripheral isolation, or complete remoteness, each of these options having a unique impact on architectural and sociological dynamics.

In conclusion, this academic exercise compels us to reconsider the role of prisons in society and urbanity in the context of climate change and to redefine the purpose and potential of incarceration through architectural intervention. It challenges us to move beyond the traditional punitive model and design institutions that prioritize rehabilitation, social reintegration, and recidivism reduction. This mission is ultimately a call to explore the transformative potential of architecture to reshape the purpose and impact of incarceration, promoting a more just and rehabilitative society.

B) Scenario No 2: Architectural Alchemy and Spatial Fostering of Holistic Well-being / Location: Alberobello, Italy

The field of architecture, while traditionally celebrated for its role in creating places of refuge and protection, cannot escape an analysis of its implication in perpetuating deeply rooted biases concerning illness and promoting an extractive view of the world compared to nature. Too often, the classic built environment, inadvertently, exacerbates inequalities and reinforces a domineering attitude towards nature and the perception of illness.

However, at the heart of this enigma lies a profound question, a question that captures the very essence of this mission: what if architecture realigned its foundations towards a more holistic ethic, with the aim of healing the body and soul? What if it transcended its primary function as mere bodily shelter to dedicate itself to the collective well-being of society and the ecological health of our planet?

This academic exercise invites us to explore, question, and then reinvent the fundamental systems, infrastructures, and services that underpin contemporary human existence, transforming them into a spatial subject of healing. At the core of this mission, we are called to examine the act of construction itself and its complex relationship with the ecosystem to which we belong intrinsically, with the goal of promoting the healing of the body and soul.

Unfortunately, it is undeniable that architecture, in various ways, has been used as a powerful tool to perpetuate a continuity of exploitation, value extraction, profit creation, and discrimination within different strata of society, particularly regarding the concept of illness. Faced with the serious consequences of our historical neglect, we are confronted with a fundamental question: how can we initiate profound reflection through spatial design and architectural creativity? How can we initiate the much-needed paradigm shift by integrating the inextricable nature of this essential imperative of healing into a spatial proposal?

The canvas on which our architectural visions will be painted is the town of Alberobello, in southern Italy, where students have the freedom to choose any site. However, this freedom comes with a deep and implicit responsibility. Site selection requires rigorous consideration, taking into account a multitude of considerations, including accessibility, access to services, and potential repercussions on the surrounding urban fabric. It is imperative that the chosen site seamlessly integrates into the broader urban context while contributing to its vitality and cohesion.

The urgency for change is underscored by the striking awareness of the ecological and social disruption we have triggered due to careless practices related to the act of healing. This mission demands a radical departure from conventional approaches. It urges us to create a platform for systemic change that not only recognizes the complex network of relationships within the built environment related to the concept of illness but also respects its deep connection to the broader natural world through the act of healing.

In conclusion, this academic endeavor delves into the heart of architectural evolution, urging us to transcend the bounds of convention. It invites us to contemplate how architecture, as a pioneer of social and environmental well-being, can redefine its mission by producing an architectural subject. It challenges us to envision a built environment that coexists harmoniously with nature, rectifying past imbalances and acting as a beacon of holistic transformation for its users, addressing their body and soul. This mission calls for nothing less than a profound reevaluation of our collective ethics towards architecture, rekindling the promise of harmonious coexistence with society and the planet through spaces of perpetual healing.

C) Scenario No 3: Spatial Soundscape Expressions through Emotions / Location: Nicosia, Cyprus

This topic explores the profound ability of architecture to act as an instrument of transformation, capable of eliciting deep emotions and modulating the sound environment in various contexts, including concerts, experimental music, and beyond. The main challenge of this task lies in creating a unique « museum, » composed of three distinct exhibition rooms, each carefully designed to evoke and manipulate the emotions of its visitors.

The first exhibition room is designed with the explicit purpose of evoking negative emotions, while the second room aims to evoke positive emotions through expert use of sound. The third room is a neutral space designed to impartially recalibrate the emotions experienced in the previous two rooms. Students have the freedom to choose the canvas on which these architectural visions will be drawn, including the option to select any site in the city of Nicosia. However, this freedom comes with a deep and implicit responsibility. Site selection requires thorough consideration, taking into account a range of considerations, including accessibility, access to amenities, and potential repercussions on the surrounding urban fabric. It is imperative that the chosen site seamlessly integrates into the broader urban context while contributing to its vitality and cohesion.

Furthermore, the very definition of « positive » and « negative » emotions is left to our interpretive faculties. Whether it’s fear, anger, anxiety, love, happiness, or a range of feelings, the challenge extends to the conceptualization of spaces that skillfully capture and amplify these emotional states. The architectural narrative should offer an immersive, stimulating journey, provoking visitors while adhering to rigorous principles of design, aesthetics, multisensoriality, and functionality. As future architects, this undertaking aims to push students to explore the nuanced interaction between form, function, and emotion. The project should invite us to decipher the subtleties of soundscapes and architectural cues that can shape and influence them.

In essence, this academic mission invites us to transcend the boundaries of traditional architectural paradigms, encouraging students to explore the deep potential of architecture as a medium for orchestrating emotions through the harmonious symphony of sound and space. In the pursuit of this creative and intellectual journey, we are called to imagine and create spaces that not only challenge our understanding of emotions and architecture but also inspire a new narrative where architecture transcends the physical to become a conduit for emotional exploration and expression.

D) Scenario No 4: The Poetry of Affordable Adobes / Location: Volos, Greece

This topic is a sincere call to action, inviting us to present inventive and carefully thought-out solutions to address the daunting affordable housing crisis looming over contemporary urban areas. Within these urban megacities, the landscape is marked by exorbitant rents, the entrenchment of gentrification, and the increasingly elusive prospect of affordable housing for low-income households. In light of the growing global affordable housing crisis, juxtaposed with the depletion of natural resources amidst the tumultuous backdrop of climate and economic challenges, this exercise seeks ideas that are both innovative and replicable. Specifically, it aims to embrace the concept of small housing as a response to these multifaceted dilemmas, ready to better serve our rapidly changing world.

The academic mission is to encourage imaginative and pragmatic responses capable of meeting diverse housing needs in a medium-sized city ( < 300,000 inhabitants), encompassing families, single professionals, and couples. The challenge is to transcend conventional housing paradigms, inviting us to embark on a journey of architectural innovation that seamlessly merges flexibility, affordability, sustainability, and a deep sense of community. Within the academic exercise, students have the freedom to choose a site in the city of Volos, but this freedom comes with profound responsibility. Site selection requires meticulous consideration, encompassing aspects such as accessibility, access to amenities, and potential repercussions on the surrounding urban fabric. The challenge lies in formulating designs with inherent adaptability, capable of smoothly accommodating a kaleidoscope of residents and their diverse needs, including hypothetical nomadic populations. The pursuit is underpinned by an unwavering commitment to affordability, solidly maintained without compromising on quality or sustainability.

In addition, this mission presents a competitive challenge: creating designs capable of off-grid functioning independently of official water and energy public services, an essential feature for resilience in the face of natural disasters. The additional criterion requires the accommodation of hypothetical young professional couples with two children in a spatial constraint not exceeding 50 m² per dwelling level. This necessitates a rethinking of spatial organization, demanding the incorporation of innovative materials, avant-garde aesthetics, and emerging low-cost technologies.

Throughout this academic challenge, sustainability emerges as a dominant theme. Our designs must bear the mark of sustainability, meticulously integrating features and systems that serve as pioneers in environmental protection while simultaneously minimizing long-term costs. These housing solutions should nestle seamlessly within the existing urban fabric, redefining aesthetic and spatial utility paradigms. In essence, this academic mission serves as a « call to action » to inspire and ultimately reshape the future of housing. It challenges traditional housing, design, and community standards, propelling us into a realm where innovation thrives, and creativity knows no bounds.

E) Scenario No 5: Metamorphosis of Work under a Poetic Perspective / Location: Sainte-Marie-aux-Mines, France

This mission is a refined invitation to embark on a journey of reimagining the workspace, on the cusp of a profound transformation. The central mission of this academic endeavor is to meticulously anticipate the dynamic evolution of a contemporary workforce that has fully embraced the ethics of remote work. As we navigate this seismic shift in work dynamics, this exercise invites us, as architects, to engage in the creative exercise of conceptualizing and articulating a vision for a workspace that transcends convention. This envisioned workspace, designed to accommodate approximately 150 demanding employees, goes beyond mere utility. It serves as an intellectual crucible, a crucible where collaboration, innovation, and productivity meld harmoniously. Our central thesis should posit the workspace as a catalytic nexus, an effective crucible for transformative thinking.

In the midst of deep contemplation on design, the strategic selection of the site becomes paramount in Sainte-Marie-aux-Mines. This student-chosen site, endowed with unique attributes and latent potential, demands an architectural response that is, by definition, holistic. The design framework must interlace threads of flexibility, adaptability, sustainability, digital integration, human-centeredness, socio-cultural enrichment, and multifunctionality into a harmonious whole. Innovative solutions are sought to reconcile the inexorable tide of remote work with the inexorable need for physical spaces that provide shared identity and community essence. This academic challenge represents a unique intellectual confluence where observation and intervention must converge. It reflects the swift spatial metamorphosis brought about by the remote work revolution. It implores us to act as pioneers of workspaces prepared for the future, exquisitely responsive to the changing pace of the work environment. The design(s) must transcend the mundane, seamlessly merging the physical with the digital while cherishing the well-being of the inhabitants (people, animals, plants) who populate these « sacred« spaces.

In summary, this academic challenge presents an unprecedented invitation to contribute to the annals of scholarly discourse on the future of workspaces. It invites us to inscribe our intellectual legacy in the narrative of workspace design, forging paths of intellectual rigor and innovation. The true challenge is to unveil the future of workspaces, a future where the metaphysical and the pragmatic coexist harmoniously.

F) Scenario No 6: From Alone to Life / Location: Basel, Switzerland

The task presented in this scenario is a profound challenge and an opportunity to have a transformative impact on our society. When envisioning a housing project for the elderly, it is essential to understand the complex issues facing our aging population. Over time, the elderly often find themselves grappling with a range of physical limitations, which can restrict their mobility and overall level of activity. At the same time, their social circles tend to diminish, leading to a lack of meaningful interactions. These cumulative factors can have a detrimental effect on their physical and mental well-being. The situation worsens when the elderly live in isolation, cut off from networks and essential services for their health and happiness.

The proposed project must transcend the conventional boundaries of architectural design. It aims to create holistic housing solutions that not only offer comfortable living spaces but also actively foster an environment where elderly residents can thrive, connect, and contribute.

In the process of realizing this vision, students have the freedom to choose a site or a network of sites in the city of Basel. This freedom is not only an architectural privilege but also a social responsibility. By choosing to revitalize disadvantaged neighborhoods, students should challenge conventional notions of urban development. It is expected that these neighborhoods will be transformed into dynamic and interconnected communities where the elderly can find a new sense of purpose and belonging.

This mission goes beyond the mere construction of physical structures; it aspires to redefine the very essence of our communities. The nature of this architectural endeavor compels us to explore functional innovations within architectural design. We are called to integrate businesses tailored to the needs and aspirations of the elderly, places for the expression of their passions and hobbies, as well as knowledge-sharing centers that foster the exchange of wisdom and experience. All these elements must harmoniously contribute to the building of a deep sense of community and connection, enriching the lives of our advanced-age citizens who gracefully embrace their years of lived experience.

In summary, this mission represents an opportunity to bridge the gap between architectural creativity and social responsibility. This mission calls for designs that do not just accommodate the elderly but elevate their quality of life, transforming their later years into a period of dynamic engagement and lasting bonds with their communities.

 

Academic Staff

– Lazaros Mavromatidis: Coordinator of the « Climatic Heterotopias » workshop, Architect-Engineer, HDR, Associate Professor.
– Nicolas Serres: Associate Professor, Specialist in Life Cycle Analysis.
– Florence Rudolf: Professor, Sociologist.
– Georgia-Christina Dreliosi: PhD Candidate, MSc, Architect-Engineer.

Envoyer un message

Le message ne sera pas publié mais sera reçu et traité par nos équipes.

Vous êtes dans un espace d’expression institutionnel de l’INSA Strasbourg, veuillez ne pas y insérer de données relatives à votre vie privée ou contraire à l’ordre public et aux bonnes mœurs.

ADMISSION : attention, si votre message concerne une question relative aux admissions ou au contenu de l'une des formations de l'INSA Strasbourg, lisez d'abord les pages correspondantes (candidats ou formations) sur notre site web www.insa-strasbourg.fr.
Les réponses à vos questions s'y trouvent très probablement !