Plateforme – Ecole d’Architecture Insa Strasbourg – Môle Citadelle – Acte 2


J’ai grandi au môle de la Citadelle. Mes racines, profondément enfoncées dans ce sol qui me nourrit, sont aussi un lien dont je ne peux me défaire pour partir à la découverte du monde. Dernièrement, un dôme était apparu, me tenant compagnie dans cette vaste étendue d’herbe. Mais depuis son départ, je me dresse de nouveau seul. J’attends patiemment. A l’affût des prochains changements. Je ne vois rien, mais j’entends. Les rafales de vent font frémir mes feuilles, amenant à mes oreilles les échos d’un travail lointain.

Des grattements sur du papier. Le bruissement du calque que l’on froisse. Les cris du carton que l’on découpe. Le raclement de la colle que l’on étale. Le ronronnement des ordinateurs. Des voix passionnées qui brisent des périodes de silence. Je sens que là-bas, derrière ces portes closes, les cerveaux s’échauffent, les idées germent. Le vent emporte ces graines jusqu’à moi, m’apportant des rumeurs d’animations futures. Déjà j’imagine sous mes branches des soirées festives. Les personnes rient devant une scène à mes pieds, pendant que d’autres partagent un moment convivial autour d’une table géante. Je sens déjà la fumée des saucisses, j’imagine le bruit sonnant de deux bouteilles avec lesquelles on trinque. Peut-être même mangera-t-on les fruits d’autres plantes, qui viendront nous tenir compagnie, à moi et au gazon? Je discerne encore mal les détails des objets imaginés, tout bouge alors que le travail progresse. Différents scénarios se forment, testant formes et matériaux. Ils ne semblent pas tous d’accord, mais tous prêts à essayer, à inventer, à jouer avec moi et mon bout de territoire.

Parfois, et ce sont les moments que je préfère, l’un d’entre eux sort pour aller discuter avec quelqu’un d’autre, quelqu’un dont je n’avais pas encore entendu la voix. Parler de mon môle, et de la manière dont on pourrait me tenir compagnie. Doucement, lentement, mais sûrement, un murmure, une rumeur se forme depuis les tréfonds de la ville, tandis que je guette le flot d’idées derrière ces fameuses portes.

Je sens que, comme mes graines, toutes leurs idées ne prendront pas. Cependant, ces jardiniers-là semblent patients et travailleurs, et il me semble qu’ils sont prêts à arroser et cultiver avec passion celles qui pousseront.  

Mais le jardinage nécessite du temps.

Alors j’attends. Encore et encore. Mais la sève dans mes veines me dit que le printemps arrive, et avec lui le changement!

 

La Plateforme Architecture + Alexandre Grutter

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